Analyse des chiffres du marché du poker au premier semestre 2011

Analyse des chiffres du marché du poker au premier semestre 2011

Bilan Envoyé par l'ARJEL, le rapport a l'avantage de donner très clairement les chiffres du marché, bruts de décoffrage. Comme d'autres je livre mon analyse toute personnelle du secteur. Je vais parler principalement du poker.

Les chiffres bruts et les premières conclusions

S1 = Semestre 1

S2 = Semestre 2



509M€ déposés au S1 2011 contre 514M€ au S2 2010.

Un premier chiffre encourageant car toute activités confondues, les dépots se maintiennent au niveau du lancement en 2010. Une donnée essentielle pour toute l'activité du secteur, les dépôts étant l'unique source sur laquelle tous les revenus sont pompés.



Environ 160M€ de chiffre d'affaires pour le poker en S1 2011.

Un chiffre déduit des mises brutes et du taux de retour au joueur. Soit 26,6M€ par mois de chiffre d'affaires pour les salles à se partager avec Pokerstars et Winamax absorbant environ 70% du gateau et les autres salles de partageant le reste.



34M€ de bonus ont été distribués au S1 2011



Soit 21% du chiffre d'affaires des différents opérateurs. Un chiffre qui parait déjà élevé. Du rapport trimestriel à remplir, il est de plus difficile à déterminer si cela comprend les points de fidélité,  qui peuvent rapidement couter très chers aux opérateurs.

Evolution du secteur

Evolution frequentation



La descente aux enfers du pari sportif est presque douloureuse à regarder. La proportion est aujourd'hui de 6 joueurs de poker pour 1 joueur de pari sportif. Une ratio à mettre cependant en perspective avec l'arrêt des principaux évènements sportifs et on en restera à 3 pour 1. Une différence tout de même importante qui montre que le modèle pour le pari sportif doit encore être trouvé en France.

La culture du pari n'existe pas comme en Angleterre et les différentes restrictions imposées par le législateur, sans parler du retour en France plus faible, sont autant de facteurs qui semble lentement détournés les joueurs après une première curiosité.

Il appartient également aux opérateurs de trouver des modèles simples, fun et surtout faciles à comprendre. Quel dommage que l'on ne puisse pas parier en sureimpression du match de foot à la télévision…



Le poker, quant à lui, semble atteindre un plafond de verre à 320,000 joueurs. La base de joueurs qui semble relativement fidèle, les pertes naturelles des joueurs étant compensés par les nouveaux arrivants. Là encore, je crois fermement que le secteur doit maintenant franchir une nouvelle étape pour proposer une expérience différente à un public plus large afin d'étoffer la pyramide de joueurs intéressés. Il faut également travailler sur le logiciel, l'offre… Beaucoup de choses restent, heureusement, à faire. Sans cela on risque de lentement péricliter.



Evolution 2

Un graphique à mettre en relation avec le précédent. Alors que le nombre de joueurs est reparti à la hausse, le montant des mises en cash game et en tournoi diminue. Mettons de côté les vacances qui expliquent l'amorce de chute de la courbe. Pour le reste cet acroissement du nombre de joueurs mais de diminution des mises peut s'expliquer par la mise en place d'opérations freeroll par les opérateurs qui recrutent alors des joueurs gratuits ou bien par un recrutement de joueurs moins intéressés pour les salles, car produisant un chiffre d'affaires ne compensant pas les départs. A terme cela peut vouloir dire une réduction des coûts, affiliation, investissements…



Des chiffres qui annoncent en tous cas de belles batailles pour la rentrée avec des enjeux aussi simples que la survie de quelques opérateurs.

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