Ce lundi 10 Mars Manfred Bodner, l'un des deux dirigeants de Bwin, est convoqué devant les juges français pour répondre de l'accusation de "tenue illicite de jeux de hasard, loterie illicite, publicité de loterie prohibée et prise de paris illicites sur des courses de chevaux".
On rappelle que les deux dirigeants d'origine autrichienne de Bwin (ex Betandwin), Norbert Teufelberger président de la société et Manfred Bodner son directeur général, avaient été arrêtés par la section judiciaire de la sous-direction des courses et jeux des renseignements généraux le 15 septembre 2006, alors qu'ils étaient entrain de présenter a la presse leur nouveau contrat de sponsoring avec l'AS Monaco, suite aux plaintes de la Française des Jeux et du PMU.
Cette comparution intervient dans une situation houleuse. En effet la Commission Européenne a exprimé son opposition au projet de décret français, rédigé dans le cadre de la loi sur la prévention de la délinquance, sur le blocage des flux financiers liés aux jeux en ligne (qui rappelle l'UIGEA qui a mis fin au poker en ligne au États-Unis, du moins en apparence) et donne à la France jusqu'au 31 Mars pour revenir sur ses plans. Si la France passe outre les avertissement de la Commission, celle-ci peut immédiatement engager une procédure d’infraction.
Bwin ayant compris que la bataille judiciaire allait se prolonger crée en 2007 l'Association Européenne des Jeux et Paris en ligne (EGBA) et sera tres vite rejoins par PartyGaming, Unibet, bet-at-home.com, The Carmen Media Group, Expekt et Interwetten Gaming Ltd. L'EGBA multiplie les requêtes a Bruxelles qui notifie les procédures d'infraction aux gouvernements nationaux pour qu'ils ouvrent le marché des jeux à la concurrence.
Dans son dernier communiqué, l'EGBA a salué l'avis de la Commission Européenne rappelant que les opérateurs de jeux européens sont titulaires de licences, pleinement règlementés au sein de l’Union européenne, et ont le droit d'opérer en France au nom de la libre circulation des biens et services entre les Etats membres.
L'entrevue ce lundi de Manfred Bodner avec les juges français donnera certainement des indices sur la volonté du gouvernement d'appliquer ou non le décret incriminé. Nul doute en tout cas que le directeur général de Bwin profitera de son séjour en France pour "arpenter les couloirs des ministères. Lobbying oblige" (dixit LeMonde)
Nous vous tiendrons au courant des derniers développements de cette affaire.


